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Le texte suivant est la retranscription de l'article "L'aspe aux leurres" paru dans Carnassiers Magazine n°35 (juillet - août - septembre 2014).

 

Merci à Pascal Gadrat, rédacteur en chef de ce magazine, et à Autain Pêche, mon sponsor, pour cette tribune qui m'a permis de partager mes connaissances actuelles sur le sujet. J'espère que ces quelques lignes vous permettront de partir sur de bonnes bases et de prendre rapidement un de ces magnifiques poissons.

 

Bonne lecture à vous !

 

Il y a deux ans, j'ai eu la chance de prendre en Loire une espèce actuellement en plein boum : l'aspe. Mes premières déconvenues et réussites m'ont désormais permis de cerner un peu plus ce poisson ; mais de nombreuses incertitudes demeurent encore. Je vous propose donc, à travers cet article, de vous livrer sans prétention mes constatations et connaissances actuelles sur ce poisson de sport qui n'a pas fini, selon moi, de faire parler de lui.

 

Ichtyologie

 

L'aspe (aspius aspius pour les scientifiques) est un poisson de la famille des cyprinidés ressemblant fortement à un chevesne ... poisson avec lequel il est d'ailleurs souvent confondu tant ils se ressemblent quand ils sont encore juvéniles. Grégaire lors de son plus jeune âge, il préfère ensuite vivre en solitaire ou en groupe restreint composé d'individus de taille semblable. Côté morphologie, il possède un corps allongé, une grande bouche orientée vers le haut avec la mâchoire inférieure un peu plus longue que la supérieure (ce qui lui donne un profil de prédateur). Son dos est gris-vert, ses flancs ont des reflets jaunes et son ventre est blanc. Ses larges et puissantes nageoires (dont une caudale très échancrée) sont grises à brunes.

 

Originaire de l'Europe de l'Est (du bassin du Danube pour être précis), ce poisson a colonisé depuis une vingtaine d'années le bassin du Rhin dans lequel il est rentré, semble-t-il, via le percement du canal du Main. Il est bien présent dans le nord-est de la France (Rhin, Meuse, Moselle) et colonise actuellement la Saône et surtout le bassin de la Loire où les populations sont en pleine explosion. De belles populations sont également présentes dans les canaux du nord-est de la France.

 

 

Vivant principalement dans les cours moyens et inférieurs des fleuves, ce poisson atteint généralement une taille moyenne de 60 à 90 cm. Mais au vu de sa présence récente, il apparaît clairement que nous n'avons pas encore suffisamment de recul sur ce point. Il est fort probable que dans un futur proche nous verrons des spécimens de plus grandes tailles encore. L'avenir nous réserve, je pense, de très belles surprises !

 

Sa vraie particularité tient en fait à son régime alimentaire ichtyophage orienté vers la consommation de petits poissons fourrage (gardons, ablettes, chevesnes, petits aspes ...) près de la surface comme en témoignent les formidables chasses parfois observables à certains moments de la journée (souvent le soir).

 

Maintenant que vous connaissez un peu mieux ce poisson, je vous propose de passer en revue le matériel nécessaire à sa traque !

 

Un matériel solide

 

Pour une pêche depuis le bord, je privilégie une canne spinning d'action progressive plutôt longue (2,10 mètres à 2,40 mètres) de puissance Médium (8 – 20 grammes) voire Médium Heavy (10 – 30 grammes) quand on s'adresse à des très gros sujets. Cette longueur de canne peut paraître excessive mais elle permet pourtant un contrôle très efficace du leurre à distance, tout en soustrayant le maximum de bannière à la force du courant. De plus, cela vous permettra de lancer le leurre à bonne distance et d'atteindre les postes situés loin de la berge, en plein milieu des grandes veines d'eau.

 

 

Pour une pêche en bateau, le choix des armes est un peu plus vaste. En effet, l'usage d'un ensemble casting de puissance équivalente est alors envisageable. La facilité d'approche des meilleurs postes que procure une embarcation nous affranchit du problème des lancers lointains. Les amateurs de matériel casting y trouveront alors leur compte ! Dans ce cas, il faut de toute façon réduire la longueur de la canne. Une dimension comprise entre 1,80 mètres et 2 mètres me semble alors particulièrement bien adaptée.

 

Bien sûr, un moulinet de taille appropriée viendra parfaitement équilibrer la canne choisie et vous permettra de pratiquer, sans fatigue, pendant plusieurs heures. Seul impératif : celui-ci doit posséder un fort ratio afin d'imprimer une nage rapide à votre leurre, animation qui plaît tant à ce poisson. Pour un moulinet spinning, il faudra compter sur un ratio minimum de 6:0. Pour un modèle casting, un ratio de 9:0 fera le travail à merveille ! Comme je pêche essentiellement du bord, j'utilise principalement un moulinet spinning de taille 2500 ramenant approximativement 90 cm par tour de manivelle. On trouve désormais très facilement dans le commerce des modèles spinning et casting ramenant jusqu'à un mètre de ligne par tour de manivelle.

 

Celui-ci sera rempli d'un bon nylon de taille 28 ou 30/100 ou mieux encore, d'une tresse d'environ 12/100 prolongée par un bas de ligne de 2 mètres en fluorocarbone (de diamètre 30/100 en ce qui me concerne). Et oui, avec l'aspe, on ne fait pas dans la finesse ! Un beau sujet dévalant le courant met en effet le matériel à rude épreuve !

 

 

Une telle grosseur de ligne permet de résister à la forte la tension engendrée par le combat mais aussi aux nombreux frottements dûs aux rochers et autres obstacles généralement présents sur les postes pêchés. Et oui, la Loire est un fleuve sauvage, donc encore riche en éléments naturels abrasifs.

 

Il va sans dire que pour une pêche en milieu plus calme et dégagé, on peut diminuer les diamètres utilisés. Ainsi, certains spécialistes de l'aspe pratiquant dans les canaux n'hésitent pas à utiliser une tresse de 8/100 pour remplir leur moulinet ...

 

Enfin, ne lésinez pas sur la qualité des agrafes utilisées pour relier votre leurre à votre bas de ligne. J'ai déjà vu un exemplaire complètement déformé tant la tension fut forte pendant le combat ! Une taille n°2 me semble être un bon compris entre dimension et résistance.

 

Les leurres

 

L'aspe chassant principalement en surface, l'usage de topwaters est tout indiqué. Poppers et stickbaits mesurant entre 70 et 90 mm conviendront donc tout à fait pour la traque de ce poisson. Des coloris plutôt naturels sont à privilégier mais les couleurs blanches et jaunes semblent ne pas laisser ce poisson insensible. L'usage de minnows et autres petits jerks de taille similaire est également possible lorsque les aspes chassent en sub-surface ou dans des couches d'eau plus profondes (mes aspes de début de saison sont généralement piqués ainsi, à une profondeur proche du mètre). Dans tous les cas, l'essentiel est de choisir des leurres ne décrochant pas sous l'effet d'une animation rapide ou du courant puissant régnant généralement sur les postes prospectés.

 

 

 

Concernant la taille du leurre, nous n'avons que l'embarras du choix. Il se prend aussi bien des aspes sur un petit minnow de quelques centimètres que sur un gros stickbait de 120 mm ! Personnellement, je trouve qu'un leurre avoisinant les 80 mm (pour un poids allant de 8 à 15 grammes) décliné en coloris naturel (Ayu, Metallic ou Iwashi par exemple) se rapproche le plus des proies naturelles (ablettes principalement) chassées par les aspes en Loire. En tout cas c'est ce qui fonctionne chez moi !

 

Certains utilisent également avec succès des cuillères type feuille de saule de taille n°3 ramenées rapidement en sub-surface. D'autres vont même jusqu'à utiliser des petits jigs ou même des petites cuillères ondulantes animées vivement afin de ne pas trop descendre dans la couche d'eau. Les modèles du commerce en laiton (plus planants que ceux en plomb) à finition holographique ou à revêtement métallique anodisé conviennent parfaitement. La ressemblance avec une ablette pourchassée miroitant en surface est alors bluffante !

 

 

L'avantage de ces leurres métalliques réside surtout dans leur très bon rapport taille/poids et leur profil aérodynamique. Des tailles de 55 à 80 mm correspondent en général à une gamme de poids allant de 10 à un peu plus de 20 grammes. Ils permettent ainsi d'atteindre les postes les plus éloignés, donc les moins pêchés.

 

 

Dans tous les cas, je ne saurais que trop vous conseiller de remplacer les hameçons triples trop fins de fer équipant parfois certains modèles de leurres. Cela vous évitera d'abord de voir vos hameçons s'ouvrir voire même de casser au cours d'un combat. L'ayant déjà vécu à plusieurs occasions lors de mes débuts dans cette pêche, je n'hésite plus aujourd'hui à les changer d'office pour des modèles plus forts de fer. Cela évitera également l'effet de cisaillement des chairs que provoque une section trop fine. Les décrochages seront ainsi moins nombreux.

 

 

Je tenais simplement à vous mettre en garde sur ce point. Vous éviterez ainsi de possibles déconvenues !

 

Postes et comportement

 

L'aspe est un poisson sans cesse en mouvement ; il est donc plutôt difficile à localiser. Deux cas de figure se présentent à celui qui se lance dans la traque de ce poisson.

 

Pour les pêches en zones calmes (canaux par exemple) généralement dénuées de postes marqués, il faudra battre le maximum de terrain afin de tomber sur un ou plusieurs individus en activité. Il s'agit là d'une pêche assez monotone pouvant mettre les nerfs à rude épreuve. Et oui, le poisson ayant tout le loisir d'analyser la situation (et donc votre montage), il prendra davantage le temps de se décider à attaquer … ou pas !

 

La pêche en zones tourmentées (fleuves ou rivières par exemple) est quant à elle bien plus simple et rentable. Il faut alors se rabattre sur des valeurs sûres telles que les avals de barrages (attention à la législation locale !), de seuils et de piles de ponts ; sans oublier les zones de remous, les enrochements et surtout les courants forts et réguliers (radiers par exemple). Il y est, selon moi, plus facile de leurrer les poissons car la rapidité de décision d'attaque primera sur leur méfiance. Et oui, il ne faut pas laisser échapper un bon repas potentiel. Ce réflexe nous arrange bien !

 

 

Quoi qu'il en soit, lorsqu’il chasse, il évolue seul ou en banc très près de la surface. Ces moments de frénésie offrent un spectacle hors du commun : chasses rapides sous la surface se terminant par de gros remous voire même des sauts bruyants hors de l’eau. Pour l'avoir vécu en Loire à de multiples reprises, je peux vous affirmer qu'il n'y a là rien de comparable avec les chasses plus traditionnelles de nos « vrais » poissons carnassiers. Un spectacle magique que je souhaite à chacun de vivre dans sa vie de pêcheur !

 

Ce phénomène est en fait dû à la manière dont les aspes chassent et engloutissent leur proie. Lorsqu’il poursuit une proie, l’aspe la dépasse puis se retourne brusquement sur elle, l’attaquant par la tête. C’est ce qui provoque la violence des touches.

 

 

Attention, de telles chasses ne riment pas forcément avec des gros scores ! Paradoxalement, il m'est arrivé plusieurs fois de me casser les dents face à des poissons en pleine activité. J'ai eu beau passer tous les modèles de leurres en ma possession et varier la profondeur d'évolution de ceux-ci, j'ai beaucoup peiné à remonter le moindre individu. Vraiment déroutant !

 

Certains jours même, les aspes ne chassent pas du tout et adoptent un comportement beaucoup plus suspicieux vis-à-vis de nos leurres … surtout s'il s'agit de vieux sujets qui ont déjà goûté au fer de nos hameçons. Et oui, la bête s'éduque vite ! Sur certains parcours sur-pêchés les aspes peuvent ainsi devenir presque imprenables. La parade, comme nous avons commencé à l'évoquer précédemment, peut constituer en la diminution du diamètre du fluorocarbone terminal, l'emploi d'une tresse plus fine et l'usage de leurres compacts et lourds. Tout ceci vous permettra alors d'atteindre des postes jusque-là peu pêchés et donc de renouer avec les touches.

 

 

Il semblerait que les périodes venteuses de plusieurs jours s’avèrent les plus productives. Certains spécialistes vont même jusqu'à concentrer leur pêche uniquement sur la dernière heure de la journée, de loin la meilleure selon eux. Personnellement, j'en ai pris à tous les moments de la journée, qu'il fasse beau ou mauvais ...

 

Cette recherche sera, semble-t-il, bien plus fructueuse si vous ciblez plus particulièrement le printemps et l'automne, saisons où l'aspe connaît des gros pics d'activité.

 

 

Vous remarquerez que je reste prudent sur les conditions les plus propices. Il me reste en effet beaucoup de choses à apprendre à ce sujet. Et c'est d'ailleurs un des points rendant si intéressante la traque de ce poisson ! Recherchez l'aspe, c'est accepter de partir de zéro, ou presque ! Je ne compte plus les bredouilles alors que tous les facteurs favorables semblaient réunis ; et inversement !

 

La seule certitude concerne la température de l'eau. Une eau froide fermera immédiatement la gueule des individus pendant plusieurs jours. N'oublions pas que malgré son comportement carnassier, l'aspe reste un cyprinidé. Son activité alimentaire dépend donc fortement de la température du milieu. Malgré tout, pour peu que la température de l'eau reste stable, certains arrivent cependant à faire de belles pêches d'aspes en plein hiver ...

 

Action de pêche

 

L'action de pêche est tout aussi fine que le matériel utilisé. Il faudra multiplier les lancers et ramener votre leurre le plus vite possible afin d'imiter la fuite d'un poisson fourrage. Il semble que ce soit justement cette animation très rapide, sans pauses, qui déclenche son instinct de prédation et donc l'attaque ! C'est d'ailleurs une des raisons majeures de mes premiers échecs ! Je ne ramenais pas assez vite mon leurre car voulant pêcher l'aspe comme tout autre poisson carnassier. Grossière erreur !

 

Pour être vraiment précis, il s'agit d'imprimer à votre stickbait la fameuse nage sinusoïdale dite en « walking the dog ». Pour cela, il suffit d'impulser continuellement des twitchs (tirées brèves réalisées dans l'axe de la ligne) tout en moulinant rapidement et régulièrement.

 

 

Pour des minnows ou des cuillers tournantes, je me contente d'une simple récupération linéaire rapide. Rien de bien compliqué dans ce cas là ! Pour des petites cuillères ondulantes ou des petits jigs, il faut cependant ponctuer cette animation de base par des micro-interruptions dans la récupération et des mouvements désordonnés du scion. L'effet alors obtenu est saisissant : une vraie ablette semblant s'enfuir en faisant miroiter ses flancs !

 

Concrètement, en action de pêche, je lance mon leurre bien au-delà du poste supposé et, dès l'arrivée du leurre dans l'eau, je ferme immédiatement mon pick-up pour être prêt à ferrer. On ne sait jamais, les attaques de beaux chevesnes et d'aspes ne sont pas rares à cet instant. Il faut être opportuniste dans la vie ! Une fois ce premier moment passé, j'entame la fameuse récupération rapide décrite précédemment et la continue jusqu'à mes pieds avant d'entamer un nouveau lancer. Attention, il arrive fréquemment que des aspes suivent votre leurre jusqu'au bord et attaquent au ras de la berge. Je vous laisse imaginer la violence de la touche et les sensations que cela peut procurer quand seulement quelques mètres de ligne (voire bien moins) sont sortis !

 

 

Bien sûr, il ne faut pas s'en tenir qu'à une seule vitesse d'animation toute l'année. Celle-ci devra généralement être rapide en été, plus lente en hiver. Mais ce facétieux partenaire réserve bien des surprises. N'hésitez pas à changer souvent de leurre pour trouver l'animation et/ou la profondeur qui l'inciteront à s'en emparer.

 

L'autre point important qui m'a causé bien des déboires à mes débuts fut le choix du poste. Comme je l'ai précisé auparavant, n'hésitez pas à pêcher en plein courant, dans la zone la plus rapide, là où vous ne faites jamais passer vos leurres lors de la pêche des autres carnassiers. Les aspes, puissants poissons aux nageoires très développés, adorent s'y tenir. On hésite un peu au départ mais les premières prises font vite perdre, croyez-moi, tout préjugé sur ce point.

 

Si la force du courant et la profondeur me le permettent, je préfère généralement me placer dans l'axe du courant. Après l'avoir lancé le plus loin possible en amont, le leurre dévale dans ma direction ; la bannière se trouve ainsi moins perturbée par la force de l'eau. Canne basse, le contact avec le leurre est alors meilleur (il n'y a pas de ventre qui se forme dans la bannière), l'animation et le ferrage sont plus efficaces. Bateau ou waders (en fonction des postes) vous seront alors bien utiles dans ce cas là !

 

 

S'il s'avère impossible de rentrer dans l'eau, la pêche depuis la berge reste heureusement réalisable. Il convient alors de lancer le leurre en amont, bien au-delà du poste ciblé. Même en levant la canne, la force du courant appuiera inévitablement sur votre bannière et votre leurre décrira un superbe arc de cercle jusqu'à vos pieds. Il faut parfois s'y reprendre à plusieurs fois pour arriver à ses fins et passer précisément sur le poste convoité. Mais le jeu en vaut la chandelle. En tous cas, on comprend bien l'intérêt d'une canne longue dans ce cas de figure !

 

Lorsque le poste me l'impose (ou que je veux prendre aussi des chevesnes en queue de courant), il m'arrive parfois de pêcher vers l'aval. Dans ce cas-là, je me contente d'abord de lancer perpendiculairement à la berge. Un fois le pick-up refermé, je lève et maintient ma canne assez haut pour soustraire le plus possible ma bannière du courant. Je reste ainsi en contact permanent avec le leurre, prêt à ferrer. Je laisse alors le courant appuyer sur mon leurre et le mettre seul en mouvement. Ce n'est qu'au terme d'un dérive en arc de cercle (éventuellement ponctuée de quelques coups de scion) que je récupère mon leurre pour le lancer à nouveau. Ça n'a l'air de rien … mais cette manœuvre m'a déjà valu plusieurs aspes et surtout de très gros chevesnes !

 

La touche et le combat

 

L'approche du poisson sera très discrète (on le voit très rarement arriver vers le leurre) mais son attaque ... un peu moins ! Pour les pêches de surface, gerbe d'eau et décharge dans la canne vous avertiront immédiatement de l'agression subie par votre leurre qui effectuait jusqu'alors, je vous le rappelle, un joli « walking the dog » ! C'est d'ailleurs le mode de pêche (avec un stickbait) que j'utilise en priorité quand l'eau est suffisamment basse. J'aime le spectaculaire !

 

 

Lors d'une pêche plus profonde au minnow ou à la cuillère par exemple, une violente lourdeur suivie de puissants rushs viendront stopper net l'animation linéaire alors en cours … Sensations garanties !

 

L’attaque est donc souvent brutale et, une fois piqué, le poisson cherche presque systématiquement à rentrer dans le courant, augmentant ainsi la difficulté de sa capture. Au fait, pensez à ne pas trop serrer votre frein sous peine, là encore, de sérieuses déconvenues … Pour éviter celles-ci, je règle généralement mon frein plutôt doux dès les premiers lancers. Celui-ci est toujours ajusté de manière à rendre un peu de ligne sous la simple action du leurre ramené rapidement. Il est toujours temps de resserrer le frein si le poisson prend trop de ligne suite à la touche. L'inverse est parfois bien plus délicat ...

 

 

Valeureux combattant, l'aspe ne se rendra pas avant d'avoir été mis dans votre épuisette (celle-ci n'abîme pas trop le poisson, contrairement au fish-grip). Pour ceux qui voudraient tenter de le saisir à la main, attention aux derniers soubresauts qui risquent de faire goûter le fer des hameçons à vos mains ! Et je sais de quoi je parle, j'en ai déjà fait la douloureuse expérience !

 

 

Avant de rendre votre adversaire à son élément, soyez assez rapide pour la petite séance photo. En effet, malgré son caractère brutal, l'aspe est un poisson relativement fragile.

 

Respecter ce magnifique poisson de sport sera la garantie de futures parties de pêche particulièrement endiablées avec le seigneur du Rhin … et maintenant de la Loire !

 

En bref

 

Pour résumer, voici les grands principes qui me permettent généralement, en Loire, de tirer mon épingle du jeu :

  • utilisez un ensemble spinning suffisamment long pour atteindre les veines d'eau éloignées, tout en diminuant le contact de la bannière avec le courant,

  • garnissez votre moulinet d'une tresse relativement fine afin de gagner encore une fois en distance,

  • utilisez des hameçons triples et des agrafes de qualité,

  • prospectez sans hésiter les zones à très fort courant,

  • ramenez votre leurre le plus vite possible,

  • variez les leurres (hauteurs d'évolution) si les touches se font attendre.

 

Cela devrait vous permettre, je pense, de partir sur de bonnes bases.

 

Si comme moi vous avez la chance d'avoir des aspes présents près de chez vous ou sur votre lieu de vacances, franchissez le pas ! Attaques spectaculaires et défenses acharnées vous rendront addict ! Non, non, le mot n'est pas trop fort ...

 

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MON MATERIEL PLUS EN DETAILS :

 

Canne : Master 702M - 2,13 m – 8/20 grammes (CRONY)

 

Moulinet : Modèle spinning taille 2500 à fort ratio (90 à 100 cm par tour de manivelle)

 

Tresse : X8 en diamètre 12/100 (ADAM'S)

 

Tête de ligne : Fluorocarbone Shinsei 31/100 (P-LINE)

 

Agrafe : Lock Snap n°2 (ADAM'S) ou Fastach n°1 (MUSTAD)

 

Leurres : - Pencil 85 F (ADAM'S)

              - Minnow 80 SP (ADAM'S)

              - R'Bait 95 F (ADAM'S)

              - Neo 82 SS (ADAM'S)

              - Hump Minnow 83 S (ADAM'S)

              - Vib 60 S (ADAM'S)

              - Cuillère Fraxel Silver 67 mm (GT-BIO)

              - Lame LV VIB STEEL 55 et 72 mm (TSURUGIYA)

 

@+ Guilhem COGNET

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