S'il est bien une triste expérience que fait parfois le verticalier, c'est bien celle du sandre ou de la perche décompressée. Les signes de cet accident sont sans équivoque : yeux exorbités et/ou vessie natatoire apparente dans la gueule. Le poisson, dont la vessie natatoire est généralement dilatée, ne peut redescendre en profondeur et flotte lamentablement en surface. Il devient alors une proie de choix pour les volatiles piscivores rodant dans les alentours. Plus sournois, la vessie natatoire dilatée exerce une forte pression sur les organes internes alentours, provoquant ainsi  des séquelles invisibles mais potentiellement mortelles. L'histoire se termine donc toujours par la mort du poisson.

 

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Le sandre, la perche et le bass possèdent une vessie natatoire fermée. Ils ne peuvent donc pas compenser la baisse de pression rapide engendrée par une remontée brutale depuis les profondeurs. Ils ne peuvent pas expulser les gaz dilatés par cette vessie comme le font le brochet et le silure (les fameuses bulles de décompression apparaissant en surface lorsque ce dernier se rend).

 

Chez ces espèces à problème, les ajustements de pression se font par échanges gazeux sanguins. Le processus est donc lent.

 

Mais comment éviter de tels accidents de décompression ? Là est tout le problème ! Voici différents points de vue et techniques. A vous de juger celle qui vous semble la plus efficace ou la plus en accord avec votre éthique ...

 

 

Méthode 1 : LA PÊCHE EN EAU PEU PROFONDE

 

Certains préconisent de ne pêcher que des eaux peu profondes afin d'éviter les accidents de décompression. Cette manière de faire, certes efficace, risque parfois de faire louper la pêche du moment (lacs où seule une pêche profonde permet de sortir du poisson à certaines périodes de l'année) ...

 

 

Méthode 2 : LES PALIERS DE DÉCOMPRESSION

 

D'autres préfèrent, après un ferrage appuyé, remonter le poisson par paliers avec arrêts prolongés. Le poisson aurait ainsi plus de temps pour rééquilibrer la pression des gaz contenus dans sa vessie natatoire. Bien sûr, cette technique fait perdre pas mal de poissons, qui se décrochent. Il s'agit du prix à payer pour remonter des poissons sans lésions ...

 

 

Méthode 3 : LA MÉTHODE HOLLANDAISE

 

Cette méthode consiste à tenir le poisson par la queue, tête en bas, à un mètre au-dessus de la surface de l'eau puis à le lâcher. Le poisson rentrant subitement dans l'eau partirait, par réflexe,  directement vers le fond à toute allure. Regagnant le fond, il retournerait alors à un niveau où la pression permettrait de "recompresser" lui et sa vessie natatoire. Idée séduisante, mais si le poisson ne réagit pas et remonte en surface ...

 

 

Méthode 4 : LE FIZZING

 

Voici une technique qui s'apparente à un véritable acte chirurgical ! Il s'agit de percer la vessie natatoire dilatée à l'aide d'une aiguille de seringue. Une fois le poisson placé dans l'eau, les gaz s'échappent par la canule et la vessie reprend théoriquement sa forme originale. Le poisson retrouve ainsi son équilibre et peut redescendre  seul en profondeur.

 

Le manque d'études sérieuses sur les conséquences de cette méthode incite à la plus grande prudence (que l'on soit pro ou anti fizzing !).

 

Cette technique fait polémique car certains pensent que le poisson meurt plus tard au fond de l'eau ... De plus, les risques d'infection et de lésions sont grands. Mal placée, l'aiguille risque de toucher un organe vital ou la moelle épinière du poisson ...

 

Deux démonstrations de nos amis américains par l'image :

 

 

 

 

Méthode 5 : LE DESCENDEUR

 

Le descendeur est un plomb muni d'un fin crochet qui permet de redescendre le poisson à la profondeur de pêche en se servant de la canne. Le crochet est piqué dans la machoîre inférieure (équivalent d'une piqûre d'hameçon sans ardillon). Une fois le poisson descendu, on attend qu'il se décroche ou on donne quelques petits coups secs pour le libérer.

 

descendeur

 

La méthode est elle aussi séduisante mais on abîme le poisson en lui enfonçant le crochet dans la gueule ...

 

Une démonstration de nos amis américains par l'image :

 

 

 

Conclusion :

 

C'est donc à chacun de choisir la technique qui lui semble la plus efficace ou la plus en accord avec son éthique de pêcheur. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients ... On n'est donc pas plus avancé !

 

@+ Guilhem COGNET

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